Le village

A village perché, « Chats perchés ».

Ilonse apparaît comme un village perché, un nid d’aigle, un site imprenable, un balcon sur la Tinée à donner le vertige. Pour le promeneur une question se pose : Pourquoi donc construire un village dans un lieu si escarpé ?

Les raisons ne relèvent pas du hasard et sont multiples. L’édification du « castrum d’Ilonza » (site fortifié) au XIème siècle (et peut être avant) devait répondre à plusieurs impératifs :
-Un souci défensif.
-Un lieu à mi-chemin entre les terres basses et les terres hautes (les alpages) de la commune.
-Un site évitant les brumes, les gelées des fonds de vallées et bénéficiant d’un ensoleillement plus long à la limite de la neige persistante.
-La proximité d’itinéraires fréquentés.
C’est la combinaison de tout cela qui décide d’un emplacement.

Nous pouvons, dès lors, imaginer le village fortifié au Moyen Age dont il ne subsiste, malheureusement, qu’un seul vestige. Le château dressé au sommet du piton, refuge initial autour duquel se sont regroupées les maisons remparts accolées par leur pignon. Elles constituaient une barrière défensive dans la partie sud. Au nord le rempart naturel et abrupt de la montagne ne suffisant pas, c’est le « barri » ou mur d’enceinte qui venait protéger l’accès.

Le village a, ainsi, laissé déserte sa pente nord, ombreuse, froide, battue de mauvais vents pour s’exposer au soleil, au midi. Après la destruction du château le village va peu à peu s’étirer sur le fil de l’arête.

Néanmoins Ilonse n’est qu’un habitat principal parmi d’autres. L’ensemble du territoire communal était jusqu’à récemment cultivé et habité : les Ilonsois étant des transhumants au sein même de leur commune, passant les saisons dans leurs différentes campagnes ou dans un des hameaux. L’expression « Je vais à la ville » résumait bien cette attitude de laisser pour un moment la campagne afin de rejoindre le chef lieu.

Un village perché, donc, dominant de sa hauteur la vallée de la Tinée et observant, selon le gré des saisons, le flot incessant des voitures des skieurs, la brume printanière, les couleurs rougissantes de l’automne ou l’azur méditerranéen.

Des Chats perchés, aussi, qui vont même jusqu’à affirmer que les habitants des villages dominants ont une hauteur, une ouverture d’esprit que n’ont pas leurs compagnons du bas des vallées. Ils ont, dans tous les cas, le sens de l’accueil…

 Le mot du chat :
L’implantation humaine à Ilonse s’apparente à une montée en altitude. Un premier établissement supposé au Castel du Pous-Irougne (enceintes ligures). Un deuxième établissement en Loirins (enceintes ligures et traces d’habitations plus importantes), puis un troisième à l’emplacement actuel que nous connaissons à 1250 m d’altitude.